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Journal de tournée, Véronique Sanson, Plusieurs Lunes (2011/12) Les Années américaines (2015/2016)

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Alès, 23 juillet, la voilà....

Les portes s'ouvrent à 20h. L'entrée me laisse perplexe. Les 10 premiers rangs sont réservés et je me retrouve loin de la scène. Ne pas voir les yeux de l'artiste m'a toujours agacé. Je ne sais pas pourquoi, mais le souvenir qui perdure le plus longtemps dans mon esprit est souvent un simple regard qui croise le mien, une brève connexion.

 

A 21h, le 2ième miracle du jour se produit, un vigile finit par me faire avancer dans le carré des réservés. Je me retrouve près d'une partie du groupe. Au final  cela se transformera en 1er rang, après le passage de Mika qui une nouvelle fois, aura droit à un rappel, bien mérité.

 

Les musiciens entrent sur scène après quelques minutes, et s'installent devant l'écran en fond de scène, déposé sur les marches des gradins dont il épouse les formes. Les effets visuels n'auront pas le rendu escompté, mais ce n'est pas bien grave. Avec le vent qui souffle, la toile tendue aurait été compliquée à gérer je pense.

 

Les premières notes de "Je me fous de tout" fusent et nourrissent les applaudissement d'un public de "fous chantants" chauffés plus que d'habitude au regard des récents concerts d'été. Véro est attendue ce soir !

 

La voilà, enfin, jaillissant sur scène, tout sourire... L'entrée dans l'arène se fait d'un pas décidé; elle va tous nous embarquer en empyrée, ce qui, pour ma part, ne devrait pas causer de problème, bien au contraire. Je suis venu pour m'y laisser perdre le temps de quelques notes. Petite embrouille vocale sur "Je me fous de tout" entre un choriste et Véro ce qui vaut un échange de regards mi-perturbés, mi-interrogateurs. Rien de bien méchant, pas grand monde pour s'en apercevoir. Véro s'assied au piano et "Comme je l'imagine" s'enchaîne, s'entrechoque presque avec "Je me fous de tout". Ceux qui auront eu l'oreille fine auront remarqué que le soleil peu mordre et non brûler, le tout avec un regard complice vers mehdi. Je n'ai compris cet échange qu'a posteriori, grâce aux lumières des plus experts, j'avoue... Le tempo de la soirée me plaît déjà.

 

Dès le début du concert, la scène sera utilisée comme un instrument de musique joué à coups de talons plus ou moins rageurs tout au long du concert, et tout particulièrement sur "Sans regrets", "Alia soûza (1'52)" et "Bahia", y allant de bon coeur et à pieds joints! Le plaisir d'être sur scène se voit, avec encore plus d'évidence qu'à Gémenos. Ce soir, Véro s'amuse et le montre; ça tombe bien, nous aussi! L'homme aux fraises jette ses petits coeurs vert pomme en papier crépon, le partage des émotions prend corps;  

 

"Drôle de vie" sera l'occasion d'envahir les quelques mètres qui séparent le public sagement assis, jusqu'ici, de la scène, et ce, malgré les tentatives désespérées puis désabusées des vigiles de faire asseoir les Sansoniens. Cela en devient comique au fil des concerts "s'il vous plaît, reculez", et bien "non". Tiré d'un bout de manche par une âme bienveillante, je me retrouve appuyé contre la scène, tout heureux! Les mains chauffent, les gorges s'enflamment, les fous chantants sont bien présents. Ce qui pouvait être source d'un peu de stress concédé entre 2 chansons se transformera en un partage assumé, un échange amoureux; les yeux de Véro pétillent de bonheur pendant que Christian Martinez entame son jeu de trompette.

 

L'enthousiasme du public gonflé à bloc accompagne "Si toutes les saisons", clownerie musicale au goût de barbe à papa, d'une efficacité redoutable sur scène, et attendue par les habitués. Ce soir encore, les majorettes sont aux manettes et nous avons tous des étoiles dans nos yeux d'enfants. Le rappel ne prendra pas, J'entends celui qui est de "nulle nulle nulle nulle nulle nulle part" arriver...

 

La tension baisse d'un cran, l'atmosphère s'apaise. Véro revient au piano pour "Sans regrets". Les cris et les talons rageurs ponctuent la fin de ce qui est pour moi l'un des meilleurs moments de cette tournée. Le silence qui n'était pas total en début de chanson devient quasi religieux à la fin et se transforme en une explosion de "on t'aime". 

 

Les "morceaux de vie" se racontent et répondent aux fous chantants.

 

Le souffle du vent donne du volume à la crinière blonde plantée devant moi à-côté de mehdi, alors que glissent les premières notes de "Juste pour toi". Les bourrasques lèvent la poussière de craie, l'instant a quelque chose de dramatique et me charge en émotions.

 

Le déhanché de Stephan Filey fera danser et monter en pression ces dames avant que le public n'entame "Rien que de l'eau". Ce soir Véro restera en front de scène et ne rejoindra pas les musiciens. J'avoue que je préfère, mais je comprends aussi que partager cette chanson avec eux doit avoir de l'importance à ses yeux. Cette troupe de musiciens est excellente.

 

A peine quelques instants hors de scène, et la voilà de retour sous les "Véro" hurlés de tous les côtés. Elle prévient, que si celle-là on la chante pas avec elle...(venez en concert pour connaître la suite ;=)....Elle entame alors "Vancouver", électrise le public qui la couvre d'applaudissements en fin de chanson alors qu'elle plante ses pieds sous le piano et se met en totale horizontale.

 

Après une présentation des musiciens et de Michael Hernandez, la dernière partie du concert s'annonce. Véro revient, nous regarde, lunettes vissées, prête à nous "raconter sa vie, des petits bouts" ce qui figera sur place les spectateurs des gradins qui étaient sur le départ, ne s'attendant pas à un rappel! Et oui, qu'on se le dise, c'est du live et un vrai concert, qui dure!

 

Le premier bout de vie, "Toute une vie sans te voir" se joue dans un silence respectueux. Il précèdera "un autre bout de vie, presque en temps réel" avant que n'arrive le moment tant redouté, la fin du concert...Un dernier opus pour emporter nos voix "qui resteront dans mon coeur et dans ma tête, et pour m'endormir avec" (VS), et voilà, que les lumières s'éteignent jusqu'au 8 août, à Narbonne.

 

C'est long, c'est court...

 



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