Journal de tournée, Véronique Sanson, Plusieurs Lunes (2011/12) Les Années américaines (2015/2016)
Ce vendredi 3 novembre 2011, si la douceur avait un nom, elle s'appelait Véronique Sanson.
Les premières notes de "Je me fous de tout" arrosent le public du Pasino de St-Amand vers 20h45. Vêtue d'un gilet noir et argent, d'un pantalon tout en cuir et campée dans ses boots, Véro arrive sur scène, le sourire aux lèvres. La salle réagit bien et répond à cette entrée par des applaudissements nourris. Les plus impatients se lèvent. Thierry Chauvet se lâche totalement "au tambour" (Véro dans le texte) alors que la Belle arpente la scène, de long en large, à l'aise, une étoile rouge bien visible au veston.
"Au-delà des montagnes, si tu veux que je gagne, sois au rendez-vous"... Cette phrase prendra sens au fil du concert. Le public sera présent!
Sa voix a la chaleur du soleil. Satinée, elle enveloppe la salle d'une douceur maternelle; légère, aérienne, tout en retenue.
A quelques pas de Véro, Mehdi et Stephan Filey, effleurent l'espace de leur timbre.
Une émotion quasi charnelle s'étend dans la salle. J'en ai des frissons.
Comme rassurée par ce doux contact, les premières modulations concluent "Qu'on me pardonne" alors que le voyage se poursuit en direction d' "Annecy". Véro semble faire un signe à Mehdi pour qu'il ne pousse pas sa voix et lui laisse plus d'espace. Cette complicité avec sa troupe fait chaud au coeur.
Mehdi, guitare au corps entame "Je veux être un homme" et l' on "claque des doigts".
Sur scène, Véro ne triche pas, ce n'est pas son style, elle partage. Elle observe son public comme le ferait l'objectif d'un photographe. Son regard se pose sur tel ou tel, furtivement ou de façon appuyée. Elle cherche un contact, à saisir au vol une émotion dans nos yeux d'enfants, pour la faire sienne, pour la faire notre.
Dans ces moments-là, chacun de nous se sent unique, comme baigné d'un amour maternel.
Véro demande qu'on lui offre un joli cadeau en partageant la prochaine chanson avec elle. La salle, en véritable amant d'un soir, s'exécute et l'accompagne avec enthousiasme pour "Amoureuse". Le temps s'arrête, nous sommes tous ailleurs, nous ne faisons qu'un autour d'elle. Un sourire sincère innonde son visage.
Ennivrés, prêts à faire des folies, nous voici embarqués dans sa "Drôle de vie", au son des cuivres. Un esprit de fête souffle; "tout le monde debout!" lance-t-elle, emportée par la vague. Véro danse, s'amuse, ses musiciens s'en donnent à coeur joie. L'écho de "Bernard'song", très attendu conclut les festivités. Quel moment!
Tour à tour amoureuse, joueuse ou transie d'émotion, la salle s'électrise pour "Sans regrets", puissamment envoyé. De longs applaudissements ponctuent l'instant. Cela fait oublier les petits tracas d'un micro récalcitrant qu' "Alia Souza" ne parvient que difficilement à recadrer.... Les charmes d'un vrai live!
Véro quitte la scène une première fois, chargée de 3 énormes bouquets de fleurs, portés façon bûcheronne sur ses épaules au son des percussions. Je n'aurai de cesse de l'écrire, cette troupe de musiciens est un vrai trésor.
Les appels du public qui scande son nom, accompagnés par le tambour de Thierry Chauvet, assurent un retour sur scène direction "Vancouver". "Voulez-vous chanter avec moi?". La promesse collective se transforme en un partage choral de toute beauté. A cet instant, une bulle de bonheur entoure St-Amand.
La fin du concert s'annonce au loin, voici le temps d'un retour sur une vie qui revêt un manteau cousu du sentiment douloureux de l'absence, porté par une voix délicate, contrôlée jusque dans le souffle.
Le voyage arrive à son terminus, "Bahia". Un dernier partage de voix entre Véro et son public au son de "je t'aime" lancés avec la candeur d'un adolescent, comme s'ils étaient vraiment les derniers...jusqu'aux prochains qui résonnent déjà...
Merci à toutes celles et ceux qui ont fait de cette soirée un si doux moment.
Oui, si la douceur avait un nom ce soir-là, elle s'appelait Véronique Sanson.