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Journal de tournée, Véronique Sanson, Plusieurs Lunes (2011/12) Les Années américaines (2015/2016)

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Qu'il faisait chaud à Bapaume!

On m'interroge souvent sur ce qui motive ma volonté d'assister aux concerts de Véro. Le show offert ce samedi 8 octobre va me permettre de vous éclairer...

 

Le rendez-vous à Bapaume tient de l'improbable.

 

Le lieu pour commencer : un petit coin du Pas de Calais perdu entre prison et champs de betteraves. Quant au moyen de s'y rendre, une vraie galère...mais passons... Le plaisir de pouvoir saluer Véro à son arrivée me fait oublier en un clin d'oeil ces anecdotiques turpitudes, sans oublier la chaleur des Sansoniens venus me récupérer en gare d'Arras!

 

De l'extérieur, la salle ne paie pas de mine et pourtant, le moment venu, je changerai d'avis. L'acoustique se montrera bonne et les retour-son, bien disposés, permettront d'entendre Véro susurrer ses émotions au creux de l'oreille de chacun d'entre nous. Et quelles émotions...

 

Installé au premier rang (Merci Sylvie, merci Martine), je goûte chaque seconde qui précède les premières notes de "Je me fous de tout". La photo projetée en fond de scène, simplement magnifique... Il ne manque que l'énergie de celle qui nous fait venir de tous nos coins de France, oubliant d'être raisonnable, et alors?

 

Autant vous le dire tout de suite, il n'y a pas eu de nouveautés. La tracklist n'a pas bougé contrairement à ce que laissait penser un entretien diffusé quelques jours avant dans la presse. Mais qui sait, les surprises viendront peut être un autre soir.... Le retour de "Redoutable" par exemple...ou d'une autre, le choix bien réel laisse mon esprit songeur... L'écoute du live à l'Olympia 1976 m'inspire également.

 

Véro jaillit sous les lumières vers 20h45, et dès le premier "Cap au Sud", le front de scène voit débouler les plus impatients, dont moi. 2 mois se sont écoulés depuis le dernier concert d'été, l'attente devenait pénible. Comment ferons-nous en 2012? Je préfère ne pas y penser...

 

L'excitation des premiers instants passée, le moment est venu de se lover pour la suite du spectacle... Le temps de lâcher un "vous me faites peur" et d'échanger quelques mots avec le public. Elle est "contente de venir chanter" pour nous, et "espère que l'on va partager plein de choses, de l'amour, du rire, et des larmes aussi."... Nous sommes comme des enfants sages (quoi que...) prêts à l'écouter nous raconter sa vie. Les doigts filent sur le piano et l'on se perd dans le rêve de l'homme qu'elle imagine. Le public applaudit chaleureusement, Véro a chaud, très chaud.

 

La voix plus rauque que lors des derniers concerts rend déchirante la version de "Qu'on me pardonne". Elle s'adoucira au fil des mots jusqu'à devenir empreinte d'une troublante nostalgie à l'écoute d' "Il est parti". D'ailleurs, l'introduction de ce soir s'avère inattendue pour ce morceau, me laissant penser à son jeu de piano sur le live enregistré au Palais des Sports lors de la tournée  de 1981. La salle s'offre, dans un silence qui souligne d'autant plus l'intensité du texte.

 

Comme bien souvent le public reste cependant parfois trop timide, confortablement assis, malgré les appels répétés des musiciens à les rejoindre. Heureusement, sur "Annecy" beaucoup ne résistent pas et se laissent aller venant ainsi nourir le bonheur de Véro à être sur scène.

 

Ce soir, l'entendre chanter ses blessures me fait écho avec violence . Ce sentiment de se manquer, de passer à côté, de se fourvoyer dans une vie qui n'est pas celle que l'on s'était imaginée pour au final se pardonner et avancer... Je retiens mes larmes, difficilement, notamment à l'écoute de "Sans regrets". Une version magistrale, où la voix épurée laisse place à la puissance des "jamais", expulsés avec violence. Depuis Palaiseau, le 24 juin dernier, cette composition me transporte loin, loin, loin.

 

En un instant, par une pirouette, la salle bascule des larmes au rire ("Je me demande si c'est en do ou en ré?") avant de tomber dans un temps assassin mélant l'amour-blessure ("Pour moi l'amour c'est comme l'enfer") et la volonté d'y replonger ("Et pourtant comme toujours j'me dit allez, allez, Je suis bien trop forte pour en avoir assez").

 

Pour amorcer "amoureuse", elle lance avec malice : "Si vous voulez chanter avec moi, vous ne pouvez pas imaginer ce que ça me fait plaisir ! Mais assez fort pour qu'on vous entende bien. Si vous ne la connaissez pas, je ne dirai rien....tout haut...(sic!)".

 

Le moment des présentations des musiciens arrive déjà, toujours trop tôt, avec un peit air de Michel Berger (Pour me comprendre) en guise d'accompagnement pour Loïc Pontieux. Le public averti ne s'y trompe pas et répond à ce clin d'oeil par de doux "dommage, dommage".

 

Ce soir la chaleur sur scène semble difficile à tenir pour Véro, et "Bahia" vite expédiée, nous la voyons dessiner un énorme coeur qu'elle nous offre avant de quitter les lieux...

 

Voila ce que j'aime dans un concert de Véro, le passage d'une émotion à une autre, d'un fou rire à une profonde envie de pleurer.

 

Une soirée de concert c'est comme un condensé de sa propre vie, un espace-temps où l'on a le sentiment d'avoir pu exprimer ce que l'on est au travers de textes qui semblent nous raconter.

 

Parce qu'il y a partage, parce qu'il y a fusion, parce qu'il y a vie.

 

Voilà ce qui répondra à vos interrogations et, j'espère, vous donnera l'envie de découvrir cette artiste sur scène....

 

PS : Je sais que ce compte rendu diffère un peu des premiers. Mais tout n'est  pas linéaire. Promis, je ne recommencerai pas...

 

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