Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Journal de tournée, Véronique Sanson, Plusieurs Lunes (2011/12) Les Années américaines (2015/2016)

Publicité

DDD live, let's go !

Les feux de l'Olympia s'étaient éteints depuis plusieurs lunes ; quelques passages radio/télé avaient nourri nos sourires et comblé l'attente d'un retour sur scène à l'occasion de la sortie de l'album DDD. Je garde le souvenir d'une belle Grande Librairie qui fut, pour moi, le premier live de Et je l'appelle encore, tendre opus mais aussi caresse douloureuse sur le souvenir du lien puissant existant avec sa mère. Le hasard (mais y en a-t-il vraiment?) m'avait offert de croiser Véro à la sortie, alors que Richard et moi quittions les lieux. Quelques mots échangés, une bise, et il nous fallait rentrer à Bordeaux.
Le grand jour des retrouvailles se fera à Carcassonne, puis, le lendemain à Perpignan !
Patiemment, en bonne compagnie, nous attendons l'un des "vieux lutins de son savoir", perdu entre Montparnasse et Saint-Jean, dans un train bondé. Par bonheur, l'inouï in-oui le libérera à une heure compatible avec la suite du voyage. Direction la Cité médiévale, cadre magistral pour un show de la "Sanson impériale" (s'il vous plaît !), titre de La Dépêche le lendemain.
Comme on dit dans le Sud, quand c'est bon, c'est bon, et même très bon (con !)...
Par l'entremise d'un lutin, d'un troll, et de tout le peuple de la forêt (sic), les balances sonnent merveilleusement à nos oreilles. La voix, la belle énergie, les titres découverts, le groupe, tous les ingrédients d'une grande tournée sont réunis. Nous le sentons tous. Il faudrait être fou pour ne pas tomber dedans, comme à chaque fois. Le coeur des patrouilleurs (merci Moustache) bat alors plus fort. 
Le temps d'un repas partagé avec les copains retrouvés, à la terrasse ombragée de la cité, nous voici 2000, frappant nos mains, appelant. La nuit installée, les musiciens entrent sur scène et prennent position face à l’amphithéâtre bouillonnant. Les cloches sonnent...
Les trois premiers titres sont envoyés puissamment. Le ton est donné. L'accroche particulièrement efficace vous happe sur les montagnes russes de ses émotions. Plus de 20 titres vont pétiller devant nos yeux de gamins énamourés. On ne peut que fondre. Comme souvent, une petite voix me souffle la chance de vivre de tels instants. Un ange veille sur moi, je ne vois pas d'autre explication.
Mon premier souvenir remonte au Symphonique (1990). J'étais ado. Sa voix me transportait loin des turpitudes familiales, des scènes que l'on voudrait oublier, mais qui blessent l'âme à jamais et meurtrissent la mémoire des corps. C'est d'ailleurs peut-être en partie pour cela que le silence se fait matière avec Docteur Jedi et Mr Kill. A Perpignan, pas une mouche n'ose voler une fois la dernière note posée. Se pense-t-elle seule à ce moment ? Le public comme assommé se rappelle à Elle...
Ces deux soirs-là, le respect fut total et nous nous laisserons guider d'émotions en rires et surprises, notamment à l'écoute de la Loi des poules. Véro prévient : "si quelqu'un arrive à la chanter, je mange un rat... cru". Autant dire que certains s'entraînent déjà pour relever le défi ! Et j'en connais qui sont prêts. La scène de Perpignan à même hauteur que le public a dû les tenter.... En fin de titre, forçant l’essoufflement par allitérations, la voici qui enchaîne Drôle de vie. Il n'en faut pas plus pour lever tout le monde, de Carcassonne au Campo Santo.
DDD, bien représenté (au moins 6 titres), n'est pas le seul album mis à l'honneur. Le riche répertoire de la Belle, permet de multiples promenades. C'est ainsi avec bonheur que Plusieurs Lunes (2010) fait une apparition remarquée avec Vol d'horizons. Pour être honnête, j'ai le sentiment de redécouvrir cette composition. Les arrangements créent une atmosphère envoûtante. Les voix s'élèvent dans une ambiance musicale quasi-tropicale. En l'écoutant, je me mets à rêver que ce texte d'une effroyable actualité, poussera le plus grand nombre à ne plus regarder en l'air. La magie du spectacle...
De Moi, le Venin (1988), nous n'entendrons pas Mortelles pensées, ce que l'on peut comprendre... La version live de Marie, débutée en douceur, dans des teintes bleutées et très blues devient rageur et transmet cette énergie ping-pong dont chacun vient s’imprégner. Le public ne sera pas avare d'acclamations. Il y a de la ferveur, de l'amour, un réel désir de communion. Tout fonctionne : l'intensité de Je me suis tellement manquée (Indestructible, 1998), le swing de L'écume de ma mémoire (DDD, 2016), les classiques (que vous découvrirez vous-même), sans oublier les pitreries qui nous font rire et nous charment et ce What's the fuck! de tee-shirt fièrement présenté  lors des rappels. A Perpignan, avant le concert, un local s'étonnait d'apprendre que nous la suivions de ville en ville. A la sortie il confiera qu'il y retournera sans hésiter...
Parmi les pépites, Véro plaisante à l'annonce d'un titre assez long. Comme pour conjurer le sort, elle va de pirouettes en pirouettes, demande au son de régler le retour haché qu'elle subit, et imite une mauvaise liaison téléphonique. Elle prévient, "j'ai fait fermer les portes de la citadelle pour éviter aux gens de fuir". Pour finir, elle s'arrête de parler parce qu'"elle s’énerve quand elle parle". Concentration. Dès les premières notes, des applaudissements la remercient, elle sourit. Ainsi s'en va la vie (album blanc, 1985), c'est Carcassonne, ses vacances d'enfant, lorsqu'en famille, elle y faisait une halte. Ce titre est une merveille, les minutes passent, le temps s'accélère, glisse entre les notes. 
Plus sobre que les années américaines, le show a toujours l'écrin de ses musiciens. Les compères de toujours, ou plus récemment arrivés, se mêlent en une complicité qu'il est bon de retrouver. Aux cuivres opèrent de nouveau Magical Steeve Madaio et Yannick Soccal. Il s'ajoute désormais un quatuor de cordes avec en premier violon la rayonnante Anne Gravoin. De légèreté en profondeur, ils nourrissent le show, et ne sont pas les derniers à se lever, à danser, rejoignant ainsi le très joyeux tromboniste (Bertrand Luzignant), véritablement monté sur pistons !
Le temps passé à jouer ensemble se voit, comme avec la battle entre Loïc Pontieux et François Constantin. Tout le monde est appelé à participer. Les mains claquent et miment le son du djembé. (Photo par Florence Dubray)
Un dernier Bahia, le public se jette vers la scène, les lumières du quotidien reprennent possession des lieux.
Ces deux soirs-là annoncent de grands moments. J'ai déjà hâte d'y goûter...
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article