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Journal de tournée, Véronique Sanson, Plusieurs Lunes (2011/12) Les Années américaines (2015/2016)

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Concert 3 étoiles !

Depuis l'annonce de la tournée d'hiver, la date du 18 décembre, aux sonorités si particulières, s'approchait avec son cortège d'émotions anticipées ou non avouées. Ce serait la dernière d'une tournée 2015 qui restera dans les esprits et dans les cœurs, longtemps, très longtemps.

De nature gourmande, il n'était pas concevable pour moi de me limiter à Roanne. Grâce à mon sympathique "blablacar sansonien" nous voilà donc décidés à vivre Limoges et Roanne, à traverser la France d'Ouest en Est sous le soleil de l'hiver indien ! J'avais laissé, à regret, les Années américaines à Trélazé (Oui, il faut aussi travailler...). Le plaisir de retrouver "The groupe", (appellation désormais officialisée), ainsi que "the Queen of Soul" (dixit Dodo le Chef), sera partagé avec les ami(e)s d'un soir. Je suis toujours surpris de voir à quel point la musique peut faire naître un sentiment de communion entre nous ! D'abord loin de la scène, faute de mieux, le bonheur de se retrouver assis au premier rang, du bon côté du piano par le jeu du hasard, annonçait une bien belle soirée. Ce concert, le troisième d'une série de quatre ne fera pas mentir les yeux pétillants. Et personne ne décèlera une once de fatigue sur scène. Galvanisée par les applaudissements et certainement par la volonté de se dépasser, d'aller au-delà de ses forces en toute déraison, Véro picorera chaque note y compris celles qui nous donnent des ailes. D'ailleurs, un beau brun se verra embarqué dans un strip-tease imprévu côté son. Le premier rang a des avantages surprenants certains soirs ! Et il sera cocasse de voir la belle se rapprocher de ses deux amours de choristes, l'air de rien, pour voir de plus près de quoi il retourne !

En quelques mois de tournée, le show s'est musicalement enrichi de perles scéniques, notamment sur Alia Souza avec l'ajout d'un pont salsa auquel le public vient faire écho. Très bien pensé et efficace, tout comme les dernières notes d'un trombone qui voudrait chanter au lieu de les jouer, ce qui déclenchera le rire de Véro, partagé par tous ! Le public de Limoges restera néanmoins calme jusqu'à la fin d'Il a tout ce que j'aime, annonçant la deuxième partie du spectacle. Bondissant un poil en avance de nos sièges avec mon acolyte, nous voici donc, tels deux suricates, accrochés devant la scène. Je me retourne, et me sens un peu seul, mais peu importe ! Qui l'aime, nous suive. Ah ben voilà qu'arrive le reste du public pour danser et chanter sa Drôle de vie ! Tout s’enchaîne alors avec une énergie de plus en plus forte faisant oublier toute velléité de fatigue. Les musiciens se lâchent sur Paranoïa, et viennent chercher le public. Au passage, Yannick me tape dans la main avant de s'embarquer avec le reste de la section cuivres pour envoyer de joyeuses notes en direction des unes et des autres. Mehdi et Guillaume se lancent dans une battle prenant le public à témoin avant d'être séparés par l'avancée de Basilou. Tout passe hélas trop vite, et lorsque Bahia arrive, la folie laisse place à l'échange amoureux des derniers regards, un brin mélancoliques. Après le concert, nous décidons de l'attendre, comme souvent pour lui dire un dernier Merci et se donner rendez-vous à l'étape suivante sans douter un instant qu'elle relèvera le défi ! J'ai toujours eu du mal à trouver les mots dans ces moments-là, mais de simples regards traduisent parfois beaucoup.

La traversée en direction de Roanne permet de "refaire le match", (expression bien mal choisie mais qui résume bien les choses) et de se préparer à l'idée que ce soir restera comme une date différente. Certes, deux bonus se sont ajoutés début Janvier, mais, ce 18 décembre doit bien être inscrit comme l'ultime jour officiel des Années américaines sur ce joli carnet de route à spirales détaillant jour après jour les lieux qui accueillent le spectacle.

Le Scarabée est au complet. Ici et là des têtes d'inconnu(e)s croisées au hasard de la tournée. Beaucoup avaient semble-t-il réservé une nouvelle fois, spécialement pour ce soir-là, pour un bel au revoir. Et nous ne sommes pas les seuls à y penser... "vous êtes mon dernier public" lance-t-elle.... la réaction est immédiate dans la salle et le "pas de ma vie" rassure tout le monde !

L'ambiance est électrique. Le public gonflé à bloc s'avance aussi discrètement que possible dans les allées. L'objectif est clair : Devant ! Et il faudra bien 3 vigiles pour faire remonter le chemin aux plus coriaces, libérant ainsi l'accès à la scène pour les premiers rangs. Mine de rien, il vaut mieux prévoir son coup, pour ne pas se retrouver dépassé le moment venu.

Assise au piano, à grand renfort de regards noirs en direction du son et s'accompagnant d'un ballet de doigts, en haut, en bas, sur la piano...on sent bien que quelque chose l'agace. Je ne sais pas pour quelle raison, mais les ears ne semblent pas donner le rendu espéré. . Pour autant le déroulé ne souffre d'aucune anicroche et l'on sent comme une envie d'attraper des notes haut perché et la satisfaction d'y parvenir.

Ce soir, la version donnée d'Etrange comédie sera à tomber. Je ne sais pas si quelqu'un a pu capter le son et l'image mais je pense qu'il s'agit là de la plus belle version jamais entendue, pour moi. Les regards de l'excellent François Constantin et du non moins excellent "batteur musical" Loïc Pontieux se posent sur Véro à cet instant. Concentrés, mais pas que, ils profitent aussi de la prestation. Je me trompe peut-être, mais je pourrais presque lire un "Mon Dieu que c'est beau" sur leur visage. Une salve d'applaudissements viendra cueillir le final. L'émotion est bien là ce soir... Ce fameux supplément d'âme, presque palpable, que l'on aimerait cueillir et mettre au secret dans une boite à souvenirs, pour lui offrir, et lui laisser l'entrouvrir quand il le faut, pour un ptit coucou qui réchauffe au bon moment...

Le dernier rappel bien trop vite arrivé, nous plongera tous dans un océan de tendresse. Les voix s'enlacent pour Amoureuse. Tout le public participe, et chante sans retenue, poursuivant avec Ma révérence où les yeux embrumés de larmes de Véro nous laissent comprendre que cette soirée a quelque chose de très fort. Le final entamé presque rageur de plaisir, verra revenir l'ensemble de son équipe sur scène. Les musiciens, les techniciens, Kanou, absolument tout le monde partagera Bahia, offrant ainsi la plus douce des caresses. Et comme si cela ne suffisait pas, Véro ira chercher les plus timides pour que tous reçoivent nos Mercis, et nos Bravos, tant mérités au terme de cette année si difficile à qualifier de peur d'en affadir l'intensité.

Concert 3 étoiles, du rouge de l'Amour de ses ami(e)s.

 

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